La Côte-de-Beaupré est l'une des premières régions colonisées au Québec et est considérée comme le berceau de l'Amérique française. Avant même que Samuel De Champlain fonde Québec en 1608, il avait déjà exploré la rive nord du fleuve Saint-Laurent. Le premier établissement de la Côte se planifie dès 1623 au pied du Cap Tourmente, lorsque Champlain y découvrit des pâturages exceptionnels. Ces beaux prés sont à la source du toponyme « Beaupré ». En 1626, on trouve à la ferme de Champlain des étables et des bâtiments pouvant loger les ouvriers. L'établissement sert alors de grenier ou garde-manger pour nourrir la colonie naissante.
Depuis 400 ans, la Côte-de-Beaupré est générateur de développement à tous points de vue. Elle a construit le Québec et continue sur cette lancée.
L’agriculture et la forêt
Tout au long des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, le territoire de La Côte-de-Beaupré est majoritairement orienté vers l’agriculture et l’exploitation forestière. À cette époque, le fleuve Saint-Laurent est la principale voie de communication pour rejoindre Québec. En 1839, la Côte-de-Beaupré et Québec sont reliés par la construction d'un pont qui traverse la Sault de Montmorency. L’amélioration du réseau routier et des communications est à la base d’un développement économique qui se diversifie. L’arrivée du P’tit Train de Sainte-Anne, en 1889, y est pour beaucoup dans la transformation de l’économie. D’un mode de vie rural et traditionnel basé sur l’agriculture et la forêt, l’économie touche à de nouvelles activités reliées au secteur tertiaire.
Le développement industriel
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, les ressources naturelles abondantes et la création d’un chemin de fer reliant Québec à Sainte-Anne-de-Beaupré en 1889 amènent de plus en plus d’industries sur La Côte-de-Beaupré. On note l’exploitation forestière à Saint-Joachim, l’installation de la Cotton Mill (1890) près des Chutes Montmorency (qui deviendra plus tard la Dominion Textile), et la construction de la manufacture de fibre et de carton à L’Ange-Gardien (1898), suivi d’une manufacture de vermicelles. En 1912, la compagnie Brique Citadelle Ltée s’installe sur la rive ouest de la rivière Montmorency et bénéficie de l’énergie se trouvant à proximité. Au plus fort de ses activités, dans les années 1950, elle emploie 85 personnes. Elle ferme ses portes le 23 mai 1989. L’industrie forestière prolifère également au début du siècle dernier. Des scieries s’implantent sur tout le territoire, notamment la Sainte-Anne Power Company. En 1928, elle est acquise par l’Abitibi-Paper qui y développe un complexe industriel de production de pâte et papier à Beaupré. Également à Beaupré, la fonderie Leaside Engineering Munitions s’installe. Cette manufacture de guerre opère entre 1916 et 1918 avant d’être reconvertie en 1945 par la distillerie Montmorency, connue également sous le nom Seagram Distillery. Elle ferme ses portes en 1982.
L’urbanisation du XXe siècle et l’après-guerre
Avec l’arrivée de l’automobile, le nombre de véhicules circulant sur l’avenue Royale ne cessent d’augmenter. En 1953, on construit le boulevard Sainte-Anne sur les battures de La Côte-de-Beaupré, ce qui porte un coup fatal au " petit train de Sainte-Anne". Cette nouvelle voie routière amène une circulation plus dense et la région devient un lieu de passage entre Québec et Charlevoix. Ce boulevard vient couper la relation centenaire qu’entretenaient les villages entre eux le long de l’avenue Royale. Un nouveau mode d’occupation du territoire se dessine sur la Côte-de-Beaupré. Il est davantage de type banlieusard, mais conserve également quelques caractéristiques du mode de vie rural et traditionnel.
Le développement du tourisme
La première forme de tourisme de La Côte-de-Beaupré apparaît avec l’invention du bateau à vapeur au XIXe siècle. Le premier pèlerinage organisé a lieu en 1844 quand le Charles-Édouard arrive avec 220 pèlerins à son bord. En 1870, il y a jusqu’à huit bateaux à l’entrée de Sainte-Anne. On décide alors de construire un débarcadère. Quatre ans plus tard en 1874, le débarcadère est muni d’un quai de plusieurs centaines de pieds de longueur. En 1891, le quai est acheté par le gouvernement provincial et devient la propriété fédéral en 1914.
Pour loger les pèlerins, les maisons se convertissent en hôtel ou auberge. En 1895, on peut dénombrer une quinzaine d’habitations dédiées à l’hôtellerie et quelques commerces et kiosques de souvenirs.
En 1889, les tourismes de villégiature, religieux et sportif connaissent un essor considérable avec la construction du chemin de fer reliant Québec à Sainte-Anne-de-Beaupré. Déjà, on trouvait des hôtels, restaurants, magasins et kiosques de souvenirs dans la place commerciale au centre du village de Sainte-Anne-de-Beaupré.
L’aménagement autour de la basilique s'est transformé avec l’arrivée de l’automobile. En 1929, on dénombre le passage de 700 véhicules à Sainte-Anne par jour et le double le dimanche. Dans les années 1950, l’aménagement du boulevard Sainte-Anne réduit le nombre de visiteurs sur l’avenue Royale de 90 % et met fin aux opérations du petit train de Sainte-Anne. La nouvelle forme de commerces, de restaurants et d’hébergement sur le boulevard causent le déclin du commerce sur l’avenue Royale.
L'après-guerre
L'après-guerre a permis d'assister à l'éveil de l'entrepreneuriat québécois. Sur la Côte-de-Beaupré, le développement d'entreprises locales et la venue de promoteurs régionaux a favorisé le développement des affaires au cours des cinquantes dernières années. De nouvelles manufactures et nouveaux commerces sont apparues sur le territoire : portes et fenêtres, cuisines et salles de bain, mécanique, concessionnaires automobiles, pavage, etc. La mise en valeur du patrimoine et l'industrie récréotouristique donnent également une couleur au développement de nouvelles entreprises ou projets économoiques. Parallèlement, l'agrotourisme et les commerces reliés à la nature prennent aussi une place importante dans l'économie de la région.